Par des frère souverainiste, j'ai appris que Biz a fait une... une zèle, voyez des parole inédites dans tout les information :
J'aime mieux être un loco en loques qu'un logo loquace
Biz
Cette citation de Biz vient d'un de ses éditos à la défunte émission Têtes-@-Kat. Voilà qu'en recevant le catalogue Kanuk, j'étais prête à parier que j'y verrai un des Loco ou même le trio. J'aurais du parier, car j'aurais gagné. Page 11, Biz est là avec ses pantalons Useless et son Kanuk. Pour moi, y'a changé d'avis...
Ya longtemps Chaafik nous a dit : Je l'ai déja dit et je le redis :
Toutes les fois où on a porté les manteaux Kanuk en public, à la télé, à la chaleur, en spectacle, etc, on l'a fait de notre seul gré.
Kanuk ne nous a jamais exigé la moindre parcelle de quoi que ce soit en échange de ces manteaux (qui nous ont effectivement été donnés)."
Ah bon, Eh bien, voila qu'on nous a mentis, mais voila la réponse, poster par Biz qui a fait ses preuve.
Je reproduis texte la réponse que j'ai mise dans ma chambre. Bon match !
"J'arrive de Corse. J'ai fait le plein de vide dans cette fabuleuse île gossée à la hache par quelque titan colérique. J'espérais me changer les idées, mais c'était plutôt mal parti. Quelques jours après mon arrivée, entre deux déferlantes méditerranéennes, j'entends chanter à mon intention Libérez-nous des libéraux par deux Québécois venus faire les vendanges. Libérez-moi de Loco !
Je me suis ennuyé de chez moi, des amis, du micro et du public mais pas des rumeurs, des cancans et des approximations colportés sur le forum de Loco Locass. À mon retour au pays, j'apprends sur ledit forum que certains fans éprouvent un malaise de me voir posé dans le catalogue Kanuk avec mon bonnet néo-phrygien. Pourquoi Biz le pur a-t-il empoché de l'argent pour faire la publicité d'une méchante compagnie bourgeoise ?
La discussion s'étant transportée sur le forum des Cowboys Fringants et enrichie de plusieurs faussetés, je prends le clavier pour expliquer mon geste. C'est parfois épuisant de justifier la moindre de nos actions, surtout auprès des fans, mais vous êtes des gens intelligents, exigeants, qui restez critiques même envers vos artistes préférés. C'est tout à votre honneur. Quand t'es public, c'est comme un pacte avec le public : faut toujours que tu sois apte à répondre de tes actes.
Voici donc l'histoire, toute l'histoire. L'hiver dernier, Biz sentant la bise venir, lance un courriel à la mer sur le site de Kanuk. On est Loco Locass, on aime vos produits et vos valeurs, y va faire frette cet hiver, vous nous donneriez pas un manteau, par hasard ? J'étais convaincu d'avoir été flushé dans les limbes informatiques mais ô surprise, on répond à ma requête avec enthousiasme. Tout le monde trippe sur vous chez Kanuk, passez vous vêtir n'importe quand.
Ce qui fut fait prestement. Sur place, les proprios nous gréent gracieusement tous les trois d'un parka à toute épreuve. C'est leur philosophie d'entreprise : des vêtements conçus au Québec, pour le Québec, par des Québécois et promus par des Québécois. Ça me plaît, on visite l'usine, on échange sur nos valeurs, on parle d'économie, du Québec et d'indépendance. Très sympathique, très intéressant. Merci beaucoup pour votre générosité, à la prochaine.
Quelques mois, plus tard, on se recroise, on parle du catalogue Kanuk. Ça serait le fun les gars de vous avoir cette année, vous êtes cools, vous êtes bons, mais il n'y a pas d'obligation. Sentez-vous libres de refuser. On hésite. Loco Locass n'a jamais fait de pub, il faut réfléchir. Aux termes d'une épique discussion dont nous avons le secret, je suis d'accord pour la photo, Batlam et Chafiik n'on pas le goût de jouer aux mannequins et sont réticents à associer l'image de LL à une compagnie. Finalement, j'obtiens la permission d'apparaître seul dans le catalogue. On prend la photo dans le parc des Rapides à LaSalle, merci beaucoup pour ta générosité, à la prochaine. Pas d'argent, pas de contrat, un échange de services comme aux temps des cavernes. Un manteau contre une photo.
Je sais qu'on a crié sur tous les toits qu'on ne ferait jamais de pub et que certains détracteurs sont trop contents de nous reprocher nos contradictions. Ce n'est pas la première, ce ne sera pas la dernière. À la télé, Biz a déjà dit : « j'aime mieux être un loco en loques, qu'un logo loquace », pis là il se pavane avec une marque. C'est vrai que j'ai dit ça, il y a deux ans, dans le cadre d'une émission jeunesse. Je critiquais alors les gens qui payent des fortunes pour se construire une identité factice avec les vêtements griffés des multinationales. Dans Engouement, je dis aussi : « Ti-cul tu n'as pas compris quand tout à coup tu t'acoquines à la compagnie Nike, c'est aux enfants des usines aux Philippines que tu en fais payer le prix ». Ceci posé, je vais vous dire pourquoi j'ai accepté de prêter mon image et mon nom à une compagnie de vêtements.
D'une certaine manière, Kanuk et Loco Locass travaillent pour la même cause : le Québec. Nous sommes alliés dans la bataille de notre liberté. Oui mais c'est une compagnie, c'est pas gentil une compagnie, ça fait des profits pis ça exploite les travailleurs. Désolé de décevoir les idéalistes mais Loco Locass aussi c'est une compagnie, dûment enregistrée, qui paie des taxes et emploie dix personnes. Loco Locass vend des disques, des billets de spectacles, des tuques et des chandails. Kanuk vend des vêtements d'hiver. Oh, les vilains capitalistes !
Bon, notre musique est bonne et leur manteaux sont chauds, mais plus important que les bébelles, on propage des idées et des valeurs dans le but de modifier les attitudes et les comportements des Québécois. Là ça commence à être intéressant. La souveraineté du Québec, c'est une question politique et culturelle, tout le monde s'entend là-dessus. Mais c'est aussi une question économique. À quoi nous sert-il d'avoir un drapeau à l'ONU si notre économie est colonisée comme aux temps de la Nouvelle-France et du Régime anglais ? La souveraineté, c'est le contrôle du Québec par les Québécois. Le contrôle implique des leviers politiques et un moteur économique. À ceux qui en doutent encore, demandez-vous simplement depuis combien de temps le Québec serait indépendant s'il disposait des pharaoniques revenus de l'Alberta.
Kanuk n'est pas une multinationale américaine. C'est une compagnie québécoise, qui ne vend qu'au Québec, et qui persiste à fabriquer ses vêtements à Montréal, en dépit du courant mondial qui draine tout le secteur du textile en Asie. L'usine de la rue Rachel n'est pas un sweat shop indonésien. Les employés sont payés décemment et oeuvrent dans des conditions sécuritaires, conformément aux lois québécoises sur le travail. Si Kanuk vendait de la guenille selon une stricte logique économique, elle produirait en Chine au plus bas prix et je ne porterais pas leur manteau. La décision de maintenir des emplois ici est politique. À mon avis, ce commerce équitable et patriotique mérite d'être encouragé. Loco Locass souscrit aussi à cette idéologie puisque nous faisons fabriquer nos bonnets néo-phrygiens à Québec et nos chandails à Drummondville (par Grand Champion, la compagnie des Trois Accords).
Les manteaux Kanuk sont d'une qualité irréprochable, complètement adaptés au climat québécois : c'est normal, ils sont conçus et fabriqués ici. La compagnie s'inspire aussi du Québec dans l'appellation de ses différents modèles. Noms de lieux, d'animaux, de phénomènes météo, en français comme en langues autochtones, notre immense territoire est ainsi évoqué dans une trame imaginaire qui consolide l'identité du pays.
L'idée de ma photo n'est pas de dire à tout le monde : achetez des Kanuk. C'est de rappeler aux Québécois qui persistent à se vêtir de coûteux manteaux américains, qu'à qualité égale, pourquoi ne pas acheter chez nous ? La fierté d'appartenir à une collectivité se manifeste aussi par les choix économiques de chacun de ses membres. Les Corses l'ont compris : ils mangent des charcuteries corses et boivent du Corsica cola. D'ailleurs, si les Corses habitaient ici, ça ferait longtemps que le Québec serait indépendant. C'était aussi l'idée des Patriotes lorsqu'ils s'habillaient en étoffe du pays (des vêtements de laine et de lin tissés par les femmes québécoises) pour boycotter les produits de leurs conquérants britanniques. En 2005, pouvons-nous prétendre à l'étoffe d'un pays ?
Et si ce n'était qu'une question économique et politique. L'achat local a aussi des avantages écologiques, car il diminue la quantité d'énergie nécessaire au transport des matières. C'est la même chose pour les légumes à l'épicerie. Imagine-t-on la quantité d'essence gaspillée pour charrier ici des brocolis de Californie alors que des maraîchers de Laval en font pousser juste à côté ?
Je pourrais continuer l'hagiographie de Kanuk pendant des pages. Je voulais simplement expliquer un partenariat qui, en dépit de son aspect commercial, m'apparaît cohérent avec les valeurs défendues par Loco Locass. Ça ne fait pas pour autant de moi un porte-parole asservi ou un pilote de F1 placardé.
De mon côté, je trouvais pertinent de profiter de ma page de catalogue pour propager -encore et toujours- la haute idée d'un Québec libre, à la mémoire longue et toujours en marche. Je me suis donc coiffé du bonnet néo-phrygien, non pour promouvoir mon groupe, mais une idée politique à laquelle je crois profondément. La plogue ayant ses limites, j'ai cependant refusé qu'apparaissent la pochette et un descriptif de notre disque.
Voilà, j'espère que c'est plus clair. Vous avez le droit d'être encore déçus mais au moins, vous le serez en toute connaissance de cause. Je n'ai qu'un regret dans toute cette histoire, c'est d'avoir entraîné malgré eux mes comparses Batlam et Chafiik dans cette polémique. À ceux qui me reproche de faire de la pub, je vous assure que votre clavardage tapageur (et ma réponse) sont infiniment plus efficaces qu'une simple photo. Sans rancune. "
Et ma réponce :
La partie qui m'agace un peu Biz, c'est quand j'apprend que c'est Toi-même qui a fait les premiers pas pour avoir un manteau gratis, alors que tu n'avais préalablement aucun lien avec cette compagnie. Donc, le fait de faire partie d'un groupe de musique politiquement souverainiste justifie le fait de se vêtir gratuitement.
Tu parles d'encourager l'économie locale, alors pourquoi ne pas vouloir payer pour le-dit manteau? C'est selon moi un brin illogique, même si je sais qu'une vente en moins ne changera rien à leur chiffre d'affaire, surtout considérant que ton apparition dans le magazine va peut-être transcender en plusieurs autres ventes.
Je trouve que tout ça fait un bon lien avec le sujet qui parle du détachement entre l'oeuvre et l'artiste. Ceux qui ne sont pas d'accord avec 'l'alliance' Loco-Kanuk resteront-ils aussi fidèles?
Pour ma part je l'espère vraiment, car votre apport à l'avancement de la cause souverainisté est vraiment indéniable!
TreH
A la prochaine fois...